L’année 2025 a été marquée par une forte crispation politique. Elle a consolidé un exécutif déjà très puissant, notamment avec l’adoption d’amendements constitutionnels renforçant les prérogatives présidentielles. L’arrestation puis la condamnation de figures majeures de l’opposition, dont Succès Masra, ont affaibli le pluralisme politique. Face à cela, une partie de l’opposition a suspendu sa participation à la vie politique, accentuant un climat de défiance et de polarisation.
Sur le plan économique, 2025 a été une année contrastée. Le Tchad a obtenu un appui financier important du FMI, visant à stabiliser les équilibres macroéconomiques et à soutenir les réformes structurelles. Le gouvernement a également cherché à renforcer son attractivité à travers le programme Tchad Connexion 2030, destiné à mobiliser des investissements étrangers.
Cependant, ces avancées restent peu perceptibles pour la population. La cherté de la vie, le chômage des jeunes et la fragilité du tissu productif continuent d’alimenter les frustrations sociales.
La situation sociale demeure très préoccupante. Le pays a subi une pression humanitaire exceptionnelle, notamment avec l’afflux massif de réfugiés soudanais. Les services sociaux de base – santé, éducation, eau – ont été fortement sollicités.
À cela se sont ajoutées des crises sanitaires, comme des épidémies de choléra, ainsi que des inondations dévastatrices, qui ont accentué la vulnérabilité des populations rurales et urbaines défavorisées.
Malgré les tensions politiques et sociales, la culture est restée un espace de résilience et d’expression. L’année 2025 a été marquée par la tenue du Festival du Film Euro-Tchadien, qui a mis en valeur le cinéma local et favorisé les échanges culturels internationaux.
La Semaine mondiale de l’Entrepreneuriat, très axée sur la jeunesse et la créativité, a également servi de vitrine aux talents tchadiens, mêlant culture, innovation et initiatives économiques.
Dans un contexte parfois contraint, les artistes, les cinéastes et les acteurs culturels ont continué à jouer un rôle essentiel de cohésion sociale et de dialogue, même si le secteur reste confronté à un manque de financements et de structuration.
2025 apparaît comme une année de contrastes profonds. Des progrès sont visibles sur le plan économique et culturel, avec une volonté d’ouverture et de modernisation.
En revanche, le recul du débat politique inclusif et la persistance des difficultés sociales pèsent lourdement sur le climat national. Le défi majeur reste de transformer ces dynamiques positives en bénéfices concrets et durables pour la population.
L’enjeu central est de réconcilier gouvernance politique, développement économique, justice sociale et vitalité culturelle, afin de bâtir une stabilité réellement partagée.
