Après les affrontements meurtriers du 14 octobre à Emi-Koussi, les cadres de la province du Tibesti sortent de leur réserve et appellent à la cessation immédiate des hostilités.
Des affrontements ont une nouvelle fois opposé mercredi 14 octobre 2026, dans le département d’Emi-Koussi, les Forces de défense et de sécurité au Comité d’autodéfense de Miski. Un drame qui a coûté la vie à des compatriotes des deux côtés, dix-huit mois à peine après la signature d’un énième accord de paix à Bardaï.
Dans un appel solennel de trois pages rendu public ce lundi 19 octobre, les cadres du Tibesti à tous les niveaux affirment qu’en leur double qualité de serviteurs de l’État et de filles et fils de la province, “se taire en pareille circonstance est inacceptable”.
“Notre première pensée va aux familles endeuillées”, écrivent les signataires. Au-delà des appartenances ethniques, “chaque victime demeure un enfant du Tchad, et chaque deuil constitue ainsi une perte pour la nation tout entière”.
Ils formulent des vœux de prompt rétablissement aux blessés et condamnent avec “la dernière rigueur les discours de division qui se propagent sur les réseaux sociaux”, contraires à la vision de paix et d’unité nationale chère aux plus Hautes Autorités avec à leur tête le Maréchal du Tchad, Président de la République.
“De 2018 à aujourd’hui, Miski n’a apporté aucune réponse”
Pour les cadres, l’histoire récente du Tibesti est interpellante. “De 2018 à 2020, puis en octobre 2025 et aujourd’hui encore, les affrontements de Miski n’ont apporté aucune réponse à la question relative à la gestion des ressources aurifères”.
Au contraire, soulignent-ils, ils ont différé le retour de l’administration, de l’école et des services de santé dans l’Emi-Koussi et imposé aux populations civiles “un tribut toujours plus lourd”.
Ils exhortent les deux parties à renoncer à toute action armée et à placer la protection des civils au cœur de leur action.
“Le Tibesti et sa population, y compris les membres du Comité d’auto-défense, connaissent mieux que quiconque les affres de la guerre. La population qui paie encore aujourd’hui le prix de la guerre mérite enfin de vivre sur un territoire en paix”, plaident-ils.
En conclusion, ils lancent un appel solennel : “À vous, filles et fils du Tibesti, choisissez le dialogue. Soutenez l’application de l’accord de Bardaï. Prenez toute votre place dans l’œuvre de réconciliation qui s’ouvre. La paix dans le Tibesti ne doit pas être un vain mot.”
Ont signé :
– Pour les cadres : Djiddi Allahi Mahamat
– Pour les chefs traditionnels : Abakar Sougoumi Chahai
– Pour la société civile : Oumar Aboubakar Kelly
– Pour les organisations féminines : Billah Hilly Kory
– Pour la jeunesse : Youssouf Mahamat Fouzari
