PREMIER DÉCEMBRE 1990: Le jour où le MPS a pris le pouvoir

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Le 1er décembre 1990 demeure l’une des dates les plus marquantes de l’histoire politique moderne du Tchad. Ce jour-là, après plusieurs mois d’offensive armée, les forces du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) entrent dans la capitale, N’Djamena, mettant fin au régime du président Hissène Habré.

À la tête de cette rébellion victorieuse se trouve un homme encore peu connu du grand public international, mais déjà influent sur le terrain militaire: le colonel Idriss Déby Itno. En quelques heures, le pouvoir change de mains, ouvrant un nouveau chapitre de l’histoire nationale.

Ce nouveau pouvoir est le résultat de la chute de l’un des régimes dictatoriaux les plus implacables d’Afrique.


Depuis le début des années 1980, le Tchad vit sous un régime marqué par la répression politique, les violations des droits humains et une instabilité chronique. C’est dans ce contexte que le MPS, dirigé par Idriss Déby Itno, lance une offensive décisive. La progression est rapide. Le 1er décembre 1990, N’Djamena tombe sans combats majeurs, scellant la chute du pouvoir en place.

Au matin du 1er décembre, les combattants du MPS contrôlent les points stratégiques de la capitale. Le président Hissène Habré a quitté le pays. Idriss Déby Itno apparaît alors comme l’homme fort du moment.

Dans sa première adresse au peuple tchadien, le 4 décembre 1990, il cherche à rassurer une population meurtrie par des décennies de conflits. Il prononce une phrase restée célèbre dans la mémoire collective:
« Je ne vous apporte ni or ni argent mais la liberté et la démocratie. »
Par ces mots, le nouveau dirigeant entend rompre avec le passé autoritaire et annoncer une gouvernance fondée sur le pluralisme politique et la réconciliation nationale.

Quelques jours plus tard, toujours dans le prolongement du 1er décembre 1990, Idriss Déby Itno précise sa vision du pouvoir et s’adresse aux différentes composantes de la nation:
« Aucun Tchadien ne sera exclu pour ses idées. Le Tchad doit se reconstruire dans l’unité, la justice et la paix. »
Cette déclaration traduit la volonté affichée d’ouvrir un dialogue national et de tourner la page des divisions internes, même si la mise en œuvre de ces promesses suscitera, par la suite, débats et controverses.

Le 1er décembre 1990 ne marque pas seulement un changement de régime; il inaugure une nouvelle ère politique qui façonnera profondément l’État tchadien pendant plus de trois décennies. Idriss Déby Itno restera au pouvoir jusqu’à sa mort en 2021, devenant l’un des dirigeants les plus durables du continent africain.

Aujourd’hui encore, cette date continue de diviser les analystes. Pour certains, elle symbolise la libération d’un régime autoritaire; pour d’autres, elle représente le début d’un long pouvoir personnel.

Mais une chose demeure incontestable: le 1er décembre 1990 a profondément redessiné le destin du Tchad.

Taha Gamaradine Taha

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