L’épidémie de choléra continue de progresser au Tchad. Au 7 septembre 2026, 867 cas cumulés et 42 décès avaient été enregistrés à travers le pays, selon le Bulletin humanitaire du Tchad de l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Le taux de létalité atteint ainsi 4,8 %, un niveau supérieur au seuil de 1 % considéré comme acceptable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La province du Lac reste le principal foyer de l’épidémie. Elle comptabilise 533 cas, soit 61 % des cas enregistrés au niveau national, et 27 décès, d’après l’OCHA.
Les districts de Kouloudia, Bol, Liwa et Kangalom concentrent une importante partie de la transmission. À Kouloudia, la situation s’est particulièrement dégradée au cours d’une semaine : 96 nouveaux cas et 13 décès y ont été rapportés. La létalité y dépasse ainsi 12 %, selon les données de l’OCHA.
Derrière ces chiffres se trouvent des populations confrontées à des difficultés d’accès à l’eau potable, aux soins et aux produits nécessaires à la prévention de la maladie. Dans certaines localités isolées de la province du Lac, l’éloignement et les difficultés d’accès compliquent davantage l’intervention des équipes sanitaires.
La maladie continue également de circuler dans le Hadjer-Lamis. Après une période d’accalmie dans le district de Karal, de nouveaux foyers ont été signalés à Massakory et Mani, traduisant une extension de la transmission vers de nouvelles zones.
À N’Djaména, la situation apparaît davantage maîtrisée grâce aux activités de riposte et aux campagnes de vaccination. La transmission n’est toutefois pas interrompue : des cas continuent d’être signalés notamment dans les districts de N’Djaména Nord et N’Djaména Sud, selon l’OCHA.
Au-delà du nombre de malades et de décès, l’épidémie met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées certaines communautés. Dans les zones touchées, les insuffisances en matière d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène constituent des facteurs qui compliquent la lutte contre la maladie.
L’OCHA signale également des difficultés d’approvisionnement en médicaments et en matériels WASH, ainsi que des problèmes d’accès à certaines localités isolées. Dans la province du Lac, la crise sanitaire affecte aussi les activités commerciales, les échanges et les moyens de subsistance des populations, notamment celles déjà fragilisées par les déplacements.
Face à cette situation, les autorités sanitaires, avec l’appui de l’OMS et des partenaires humanitaires, ont renforcé la surveillance et la prise en charge des malades. Des équipes d’investigation et d’intervention rapide ont été déployées dans les zones affectées. Des centres et unités de traitement du choléra, ainsi que des points de réhydratation orale, ont également été mis en place.
Les interventions comprennent aussi la recherche et le suivi des contacts, la chloration de l’eau, la distribution de kits WASH et la sensibilisation des communautés. Des campagnes de vaccination orale contre le choléra ont permis d’atteindre plus de 90 % de couverture dans plusieurs districts ciblés, notamment dans le Lac et à N’Djaména.
Pour l’OCHA, ces efforts doivent cependant être poursuivis et renforcés. L’organisation recommande notamment d’augmenter les capacités de prise en charge dans les zones les plus touchées, particulièrement Kouloudia, Liwa et Massakory, tout en améliorant l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux équipements WASH.
La détection rapide des cas, la surveillance épidémiologique, le renforcement des laboratoires et la mobilisation des communautés restent également essentiels pour freiner la transmission.
Avec 867 cas et 42 décès enregistrés au 7 septembre, l’épidémie demeure donc un défi sanitaire majeur. Pour les populations des zones touchées, l’enjeu dépasse désormais la seule prise en charge des malades : il s’agit aussi de garantir l’accès à l’eau potable, aux soins et aux moyens de prévention afin d’éviter que de nouveaux foyers ne se développent.
Source principale : Bulletin humanitaire du Tchad, n°03, juillet-août 2026, OCHA, données arrêtées au 7 septembre 2026. Les informations sur l’évolution de l’épidémie sont également rapportées par OCHA dans les mises à jour humanitaires de septembre 2026.
