Le Tchad reste classé au niveau 3 dans l’évaluation américaine de la lutte contre la traite des personnes. Dans un rapport publié ce vendredi 9 octobre 2026, l’ambassade des États-Unis au Tchad relève des insuffisances dans les poursuites judiciaires, l’identification des victimes et leur prise en charge.
Selon le document, les autorités n’ont signalé aucune enquête, poursuite ou condamnation pour traite des personnes durant la période examinée. Le rapport fait également état d’allégations de complicité de certains responsables publics dans des infractions liées à cette pratique.
Des mesures ont toutefois été prises, notamment la création officielle, en juillet 2025, de la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes (CNLTP) et l’adoption d’un plan d’action national pour 2025-2027. En janvier 2026, le ministère de la Justice a également demandé aux juridictions locales de transmettre les données relatives aux affaires de traite.
Le rapport souligne que les enfants, les migrants et les réfugiés figurent parmi les populations les plus exposées. Travail forcé, exploitation domestique, mendicité forcée et mariages contraints comptent parmi les formes d’exploitation relevées. Les capacités limitées des structures d’accueil et le manque de ressources compliquent également la protection des victimes.
Derrière ces constats, la question reste celle des personnes exposées à l’exploitation, parfois privées de liberté, de protection et de recours. Pour elles, l’enjeu ne se limite pas à l’adoption de lois ou de plans d’action : il repose aussi sur la capacité des institutions à identifier les victimes, à les accompagner et à traduire les responsables en justice.
Taha Gamaradine Taha
