Le Tchad a entamé, ce jeudi 8 octobre 2026 à N’Djaména, les travaux de prévalidation de sa Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA) 2026-2030. L’atelier réunit des responsables du ministère des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, des représentants de différentes institutions ainsi que des experts, avec l’accompagnement de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).
Le coup d’envoi des travaux a été donné par Kemkil Adangaran Benoît, inspecteur général du ministère des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, en présence du représentant de la CEA.
Dans son discours, il a présenté l’intelligence artificielle comme un nouveau chantier venant compléter les efforts engagés autour de la gouvernance des données.
Selon lui, le Tchad entend aborder cette transformation technologique en fonction de ses propres réalités et besoins. « Nous ne copierons pas les modèles des grandes puissances, nous bâtirons selon nos moyens et nos besoins », a-t-il déclaré, insistant également sur la maîtrise des données, des langues et des choix technologiques du pays.
L’objectif de cette stratégie est notamment de favoriser le développement de services utilisant l’intelligence artificielle pour améliorer le quotidien des populations. Le discours cite plusieurs domaines d’application, notamment la santé, l’agriculture, l’administration et l’insertion professionnelle des jeunes.
L’IA pourrait ainsi contribuer à permettre à un centre de santé de détecter plus tôt certaines maladies, à aider les producteurs à mieux déterminer les périodes de semis ou encore à faciliter l’accès aux services administratifs, avec moins de déplacements.
Pour l’inspecteur général, la technologie doit toutefois rester au service de l’humain. Il souligne qu’« aucune technologie ne vaudra jamais plus que la dignité et les droits des personnes qu’elle doit servir », appelant ainsi à intégrer les considérations éthiques et les droits des citoyens dans la future stratégie.
L’atelier constitue une étape destinée à examiner et à enrichir le projet de stratégie avant sa transmission au gouvernement. Kemkil Adangaran Benoît a invité les participants à confronter le document aux réalités du terrain afin de déterminer ce qui est réalisable et les actions prioritaires à mettre en œuvre.
«Un texte, si bon soit-il, ne devient une stratégie nationale que lorsque ceux qui devront la faire vivre s’y reconnaissent », a-t-il relevé, appelant les représentants des institutions et les experts à apporter leurs expériences et propositions.
À travers cette démarche, le gouvernement entend donc disposer, à l’horizon 2026-2030, d’un cadre national permettant d’orienter le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle au Tchad, en tenant compte des capacités du pays, de ses besoins et de la protection des droits des citoyens.
Les travaux de l’atelier doivent permettre de finaliser une stratégie que les différents acteurs pourront s’approprier avant sa soumission au gouvernement.
Rédigé par Taha Gamaradine Taha
