À N’Djamena et dans plusieurs villes du Tchad, le mariage devient, aujourd’hui, de plus en plus difficile pour les jeunes Tchadiens. Autrefois, le mariage se faisait facilement en raison du montant dérisoire de la dot. Aujourd’hui, la donne a changé. Il faut débourser des “millions” ou des pièces d’or “djineh” pour demander la main de sa future épouse. Cette nouvelle situation semble rendre de plus en plus difficile pour ne pas dire impossible le mariage pour beaucoup de jeunes hommes n’djamenois.
La dot existe depuis longtemps, tout le monde le sait mais elle était raisonnable et symbolique. Elle servait à montrer l’engagement du mari envers sa femme et sa belle-famille. Mais aujourd’hui, la dot est perçue par beaucoup comme un objet de concurrence entre les familles. On demande des sommes d’argent exorbitantes, des cadeaux coûteux et même des exigences difficiles à satisfaire. Cette situation a malheureusement pour conséquence de dissuader les jeunes qui n’ont pas assez de ressources financières mais qui aspirent à se marier. Beaucoup veulent se marier tôt pour construire leur vie, fonder une famille et vivre dans la dignité selon leurs rêves. Mais à cause des coûts élevés du mariage, ils sont obligés de retarder ou carrément abandonner leur projet de mariage.
Certains parents semblent trouver leur compte dans l’enrichissement du mariage. Au lieu de faciliter le mariage de leurs enfants, ils profitent parfois de la situation pour demander plus d’argent. Pourtant, dans les religions et la culture tchadienne, le mariage est une bénédiction qui doit être encouragée et non compliquée. Demander la main d’une femme ou d’une fille est un acte noble, béni par Dieu et doit rester accessible à tous.
Tout récemment, une jeune fille Tchadienne a pris la parole pour dénoncer cette situation. Elle a déclaré clairement qu’elle souhaite épouser « un homme ordinaire, digne et sérieux pour construire sa vie dans la tranquillité ». Son message montre que même certaines jeunes femmes ne sont pas d’accord avec les exigences élevées imposées par leurs familles. Elles veulent une vie simple, basée sur l’amour et le respect et non sur le matériel.
Face à ce problème, les autorités religieuses devraient réagir en sensibilisant les parents pour qu’ils comprennent la nécessité et le sens du mariage. Car ce dernier ne doit pas être considéré sous l’angle purement mercantile.
Ben Tchannaye
