Tchad: Contrôles alimentaires : le ministère défend ses décisions

Face aux nombreuses réactions suscitées par les opérations de contrôle des unités de production de denrées alimentaires, le ministre du Commerce et de l’Industrie Dr Guibolo Fanga Mathieu a apporté des éclaircissements ce vendredi 24 juillet lors d’un point de presse. Il a affirmé que ces inspections visent avant tout à protéger les consommateurs et à garantir le respect des normes de qualité et de sécurité sanitaire.

Selon le ministre, les contrôles, menés en collaboration avec les services techniques compétents de l’État, ont permis de relever chez certains producteurs des insuffisances liées au respect des normes de qualité, aux conditions d’hygiène et, dans certains cas, à la conformité réglementaire. Ces constats ont conduit à des mesures administratives, notamment des suspensions temporaires d’activités et le retrait de produits jugés non conformes.

Le responsable du département du Commerce a insisté sur le fait que ces décisions ne reposent ni sur des rumeurs ni sur des considérations subjectives. Elles sont, selon lui, exclusivement fondées sur des analyses techniques et scientifiques réalisées par les institutions compétentes, conformément au principe de précaution.

Le ministre a également rappelé que cette campagne de contrôle, d’abord lancée à N’Djamena avant son extension progressive à l’ensemble du territoire national, poursuit plusieurs objectifs : assainir le marché, protéger la santé publique et renforcer la compétitivité de l’industrie tchadienne, notamment dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Évoquant le cas de l’eau minérale « C’est Bon », largement commenté ces derniers mois, le ministre a retracé le processus ayant conduit à sa suspension puis à sa remise sur le marché. Les premières analyses effectuées en avril 2026 avaient révélé une eau fortement déminéralisée, entraînant le retrait immédiat des produits et la suspension de leur distribution. Après plusieurs contre-expertises réalisées par les laboratoires nationaux ainsi qu’une expertise indépendante conduite par une institution burkinabè, la conformité du produit a finalement été confirmée.

Il a précisé que la reprise de la production et de la commercialisation n’a été autorisée qu’à partir du 3 juillet 2026, après la convergence de l’ensemble des résultats scientifiques et le rappel des lots concernés. En revanche, les produits fabriqués entre le 17 avril et le 3 juillet 2026 demeurent strictement interdits à la commercialisation et à la consommation.

Le ministre a par ailleurs indiqué que la même procédure est appliquée à toutes les entreprises concernées, y compris celles ne disposant pas d’autorisation de mise sur le marché. Il a assuré que le ministère agit avec impartialité et responsabilité, tout en rappelant que son rôle est d’accompagner les industriels respectueux des normes tout en sanctionnant les pratiques susceptibles de mettre en danger la santé des consommateurs.

Reconnaissant que son département ne dispose pas encore d’un laboratoire propre, il a expliqué que les analyses sont confiées aux organismes nationaux compétents et, lorsque cela s’avère nécessaire, à des laboratoires étrangers indépendants afin de garantir l’impartialité des résultats.

En conclusion, le ministre a réaffirmé que les contrôles se poursuivront sur toute l’étendue du territoire national avec la même rigueur, dans le but de bâtir une industrie tchadienne compétitive, respectueuse des normes et soucieuse de la santé publique. Il a également invité les consommateurs à signaler aux autorités tout produit suspect ou de qualité douteuse.

Taha Gamaradine Taha

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