#Tribune: POUR UN MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE AU SERVICE DE LA Vème REPUBLIQUE

La Vème République hérite d’un contexte sociopolitique marqué par des incompréhensions d’ordre idéologique, politique et culturel. Si ces tensions ne sont pas gérées de manière scientifique dans les années à venir par l’institution à travers des actions préventives et citoyennes, la situation (conflits sociaux, politiques et communautaires) demeurera. Le médiateur est une autorité indépendante qui ne reçoit d’instruction d’aucune autorité politique, législative et même judiciaire. Elle est une institution de la République qui a des missions précises et qui est dévouée à mettre en œuvre des actions de prévention et de gestion des crises socio-politiques de la cité afin d’apporter une réponse à un besoin de cohésion sociale et de gestion des conflits.

Le Médiateur de la République a la lourde tâche d’assurer une certaine équité dans la gestion des conflits. Nous pouvons dire que c’est une institution qui a un rôle de cohésion sociale et même au-delà, qui permet l’enracinement de l’État de droit. Il faut que chaque citoyen puisse jouir de ses droits de façon équitable et le Médiateur est là pour assurer cela dans la transparence et dans la totale impartialité.

Ainsi, notons que, la médiation consiste à offrir un espace de communication de dialogue, faisant appel à un tiers impartial dépourvu de pouvoir coercitif ou décisionnel, afin d’aider des parties, communautés en conflit à trouver des solutions à leur problème (conflit,litige, differend). C’est un mode de résolution amiable des différends et des différences, visant.

Elle permet de gérer les différends et les différences en offrant aux parties la possibilité de verbaliser leurs désaccords pour trouver une alternative pacifique. Son objectif principal est de construire ou de reconstruire les liens sociaux et communautaire et de promouvoir la paix sociale. Dans ce contexte de la Vème République, le médiateur doit être avant tout un homme de paix, garantissant un espace de communication et de dialogue permanent. 

Il doit également être vigilant et mettre en œuvre des mécanismes de prévention pour éviter :

– Les conflits sociaux, souvent d’ordre familial, de voisinage ou consécutifs à des atteintes aux

biens et aux personnes ;

– Les conflits de pouvoir liés aux positions de pouvoir ;

– Les conflits fonciers, concernant l’accès à la terre et aux ressources naturelles ;

– Les conflits intracommunautaires, opposant parfois violemment les identités des différents groupes ethniques ou religieux coexistant sur un territoire donné.

Ainsi, le Médiateur de la République devrait être le médiateur de tous les citoyens, conformément auxp rincipes régissant le fonctionnement de l’institution et la profession de médiation. Pour jouer pleinement son rôle dans la promotion de la paix sociale, il doit également bénéficier d’un mandat social, c’est-à-dire être accepté comme une institution au service de tous les citoyens et entités sociales, sans distinction. Somme toute, il est important de souligner que le Médiateur de la République, quelles que soient ses origines politiques, sociales ou autres, est là pour tous les citoyens. Il n’est désormais ni politicien, ni religieux, ni chef coutumier ; il est neutre et impartial, à l’écoute de tous. De même, pour l’institution, il est essentiel que ses agents soient dépourvus de toute affiliation politique.

Il est préférable d’affecter des techniciens des relations sociales aux instances techniques de ladite institution. Ainsi, le Tchad aura un médiateur au service des citoyens et de la nation.

Malick NIASSE

Médiateur professionnel Diplômé d’État

Spécialiste de la gestion des conflits communautaires